Les chenilles processionnaires chez le chat

Par Vetissimo 7 à lire

Les chenilles processionnaires peuvent être à l’origine d’envenimations sévères chez le chat, bien que moins marquées que chez le chien. Ces chenilles tiennent leur nom de leur déplacement en file indienne, « en procession » au sol.

Elles se reconnaissent facilement : elles mesurent 3-4 cm de long, sont de couleur noir-marron, avec des taches rouges et recouvertes de poils (ou soies) sur leur surface. Les chenilles sont les formes larvaires de l’insecte (la forme adulte est un papillon gris).

Elles vivent dans des cocons de soie, situés à l’extrémité des branches de pins ou de sapins (plus rarement dans des cèdres) où elles passent l’hiver. En France, on observe principalement deux espèces dans les cas d’envenimation : la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et celle du chêne (Thaumetopoea processionnae). En général elles quittent leur nid vers mars-avril ; il est important de noter qu’avec les changements climatiques, il est fréquent de commencer à voir les processions dès le mois de janvier. C’est le contact de votre animal avec cette forme larvaire qui est à l’origine d’une envenimation.

Causes

Les soies en surface des chenilles sont extrêmement urticantes : elles sont très fragiles, « cassent » facilement et libèrent une substance protéique (toxine) très inflammatoire, la thaumatopoéine.

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Symptômes

Classiquement, le chat entre en contact avec la chenille avec la bouche (babines, langue) ou l’extrémité des pattes.
Les symptômes les plus fréquents sont :

  • un gonflement rapide et important de la langue, associé à une hypersalivation. Votre chat peut avoir tendance à vouloir se frotter la bouche/nez avec les pattes ou au sol. Les babines et la peau de la face peuvent s’épaissir, gonfler et devenir dures. Il est important de noter que cette atteinte buccale est très douloureuse pour votre animal. Il faut intervenir rapidement car en l’absence de prise en charge précoce, il se produira une nécrose ischémique d’une partie de la langue de votre animal : en résumé, votre chat perdra une portion de la langue !
  • un frottement ou un léchage frénétique d’une zone du corps qui a été en contact avec la chenille (souvent le dessous des pattes, entre les coussinets).
  • des vomissements peuvent être remarqués.
  • un abattement et une prostration du chat (surtout s’il est jeune) sont souvent présents.

Moins fréquemment, il est possible d’observer :

  • une fermeture des paupières, des clignements d’un œil ou un larmoiement si les poils urticants sont entrés en contact avec les yeux.
  • une détresse respiratoire importante liée à une atteinte et un gonflement du larynx. La production abondante de salive peut accentuer la gêne respiratoire. Dans cette situation, le pronostic vital de votre animal est engagé : le risque de décès n’est pas à négliger.
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Ces symptômes sont en général moins marqués chez le chat que chez le chien étant donné le caractère plus méfiant du félin, qui touche plus délicatement (et donc moins intensément) les chenilles.

Diagnostic

Le diagnostic de l’envenimation avec les chenilles processionnaires est relativement facile pour votre vétérinaire sur base des commémoratifs, lorsque les symptômes décrits ci-dessus sont présents.
Parfois, si les symptômes sont frustres (car la mise en contact a été minime), cela peut être plus difficile. Mais dans ce cas, le pronostic est bon.

Traitement

Lorsque votre chat vient de lécher ou toucher les chenilles, prenez des précautions. Ne mettez pas vos mains directement dans sa gueule car les poils sont aussi très urticants pour l’homme. Mettez des gants ou protégez vos mains le plus possible. Empêchez le de se frotter. Eventuellement rincez à grande eau sa bouche, avant de le conduire rapidement chez votre vétérinaire.
La prise en charge doit être précoce. Surtout n’attendez pas (même en dehors des heures d’ouverture, contactez la clinique vétérinaire de garde). L’objectif est de soulager votre animal, d’éviter la perte de sa langue et d’éviter qu’il s’étouffe.
Le traitement consiste à :

  • nettoyer les zones où des poils urticants sont encore présents (une tranquilisation peut être nécessaire),
  • administrer des « anti-douleur »,
  • administrer des corticoïdes pour gérer l’inflammation,
  • utiliser parfois des antibiotiques généraux (par voie injectable ou en application locale en pommade),
  • administrer si nécessaire des pansements digestifs, des anti-vomitifs, de l’héparine,…
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Dans les cas les plus graves, une hospitalisation avec une mise sous perfusion, une transfusion, une réalimentation par sonde ou même une intervention chirurgicale (trachéotomie) peuvent vous être proposés.
Votre vétérinaire adaptera la prise en charge en fonction de l’intensité des symptômes

Pronostic

Il dépend de la précocité de la prise en charge et de l’intensité du contact entre les chenilles et votre chat. Le pronostic est en général bon. Il est plus réservé sur le plan « fonctionnel » s’il y a une nécrose de la langue qui est plus importante que le 1/3 de la longueur de la langue. Il est très réservé dans le contexte d’urgence de détresse respiratoire.

Prévention

Pour éviter cela, éviter de laisser votre chat dans des endroits où il y a des pins ou si vous voyez des cocons. Soyez d’autant plus attentifs si vous avez un jeune chat qui a tendance à être très curieux envers ces processions.
Si vous apercevez une zone infestée, prévenez votre mairie. Certaines disposent en effet de plan de lutte.

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