Maladie d’Addison chez le chien

La Maladie d’Addison ou hypocorticisme est une affection touchant les glandes surrénales. Ces glandes sont situées en avant des reins et se composent d’une partie externe, le cortex, et d’une partie interne, la médulla.

Les glandes surrénales sont étroitement associées à deux autres glandes présentes dans le cerveau, l’hypothalamus et l’hypophyse, constituant ainsi l’axe corticotrope. Ainsi, la production d’hormone par l’hypothalamus influe sur l’hypophyse qui, elle-même, produit une hormone spécifique, l’ACTH. Cette hormone stimule, entre autres, la production par les glandes surrénales d’une “cortisone naturelle”, le cortisol.

La Maladie d’Addison est définie par l’insuffisance de sécrétion du cortisol, appelée hypocorticisme.

Quels sont les chiens les plus exposés ?

Dans leur grande majorité, les chiens atteints de cette maladie sont de jeunes adultes (entre 4 et 6 ans) de sexe femelle. Les races pures sont plus spécialement touchées comme le Caniche, le Dogue Allemand, le Rottweiler, le Westie ou encore le Bearded Collie.
Ces critères, bien que non systématiques, peuvent déjà orienter la suspicion de cette affection.

Quelles en sont les causes ?

Lorsqu’on parle de Maladie d’Addison chez le chien, il s’agit en général d’ hypocorticisme primaire.
Parmi les causes les plus fréquentes, on peut citer un défaut de développement de la glande surrénalienne (hypothèse génétique) ou sa destruction (causes immunitaires, hémorragies, infections, tumeurs).

Il existe néanmoins un hypocorticisme secondaire associé, par exemple, à une affection de l’hypophyse, qui ne stimule plus le fonctionnement des surrénales, ou à l’emploi de médicaments, notamment ceux utilisés dans le traitement de l’hypercorticisme appelée également Maladie de Cushing.

Quels sont les signes d’alerte ?

Il existe deux formes de maladie d’Addison.
Dans la forme aiguë, les signes possibles sont nombreux et brutaux. On observe un état de choc, des vomissements, une déshydratation, une perte d’appétit, une température corporelle inférieure à la normale, un abdomen douloureux et une faiblesse musculaire. Le chien ne se lève en général plus.

Dans la forme chronique, sont constatés un état léthargique, une baisse d’appétit, des vomissements réguliers et une augmentation de la consommation d’eau.
Ces symptômes doivent susciter une grande méfiance et la mise en place d’examens complémentaires parallèlement à des soins intensifs permettant le rétablissement de l’état général du sujet.

Comment doit-on prendre en charge cette affection ?

Les symptômes évoqués ne suffisent pas à établir un diagnostic de certitude.
Une analyse de sang doit être pratiquée afin de mettre en évidence l’augmentation de certains paramètres comme l’urée et le potassium, ou une baisse du taux de sodium, ainsi parfois, qu’une modification de la formule sanguine (anémie, augmentation du nombre des globules blancs). D’autres examens, comme une radio du coeur, un examen échographique (révélant des glandes surrénales anormalement petites) ou un électrocardiogramme, peuvent apporter des renseignements supplémentaires.

Mais seul un test spécifique, appelé test de stimulation à l’ACTH, permettra de valider le diagnostic supposé.

Pendant la réalisation de ces examens, il faut naturellement rétablir au plus vite l’état général du patient en le perfusant massivement pour lutter contre la déshydratation et en lui apportant les deux types de corticoides dont son organisme est privé du fait de la défaillance des surrénales.
Les causes de la maladie étant, la plupart du temps, irréversibles, un traitement permanent sera instauré dès que l’animal est sorti de sa « crise » d’hypocorticisme et des contrôles sanguins réguliers programmés.

Conclusion

Du fait de l’absence de signes cliniques spécifiques et de la rareté de cette affection, la maladie d’Addison est régulièrement sous-diagnostiquée ou confondue avec d’autres maladies, rénales notamment, avec lesquelles elle partage certaines manifestations.
Les symptômes décrits plus haut, voire seulement une fatigue anormale, doivent inciter à consulter, au plus vite, son vétérinaire traitant.
Seuls une prise en charge d’urgence et un traitement adapté à la gravité des symptômes pourront permettre d’assurer la survie de l’animal.

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